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Attirée par la végétation des marais du cap Tourmente, les Grandes Oies des neiges qui y séjournent au
printemps et à l'automne constituent une partie de l'unique population mondiale de cette sous-espèce. Une autre sous-espèce, la Petite Oie des neiges, se retrouve principalement à la baie d'Hudson.
La présence de ces oiseaux au cap Tourmente remonte à fort longtemps. Jacques Cartier, les Jésuites et
Champlain en font mention dans leurs récits de voyage. Toutefois, les oies n'ont pas toujours été aussi nombreuses; elles étaient environ 3 000 au début du siècle, frôlant ainsi l'extinction. Grâce à des
mesures de protection efficaces, on en dénombre plus de 800 000 aujourd'hui. Pour assurer leur surviie à long terme, le Service canadien de la faune a institué la Réserve nationale de faune du cap Tourmente en 1969
pour protéger l'habitat de la Grande Oie des neiges en période de migration. De plus, afin de permettre au public de mieux profiter de ce spectacle unique, le Service canadien de la faune y a aménagé un réseau de
sentiers et de postes d'observation de même qu'un centre d'interprétation doté de tous les services.
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Grandes Oies des neiges, phase de coloration blanche (usuelle) et bleue Photo :
Léo-Guy de Repentigny
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Où et quand observer les oies?
C'est à l'automne que les rassemblements d'oies sont les plus
spectaculaires. Durant la période qui va de la fin septembre à la fin d'octobre les concentrations majeures de Grandes Oies des neiges se retrouvent
principalement dans la région de la ville de Québec et de Montmagny. Le territoire de la Réserve nationale de faune du cap Tourmente accueille souvent
plus de 75 000 oies lors de cette période. Elles abondent également au lac Saint-Pierre (Baieville notamment) et tout le long du Richelieu jusqu'au lac
Champlain. On peut aussi les observer au lac Saint-Jean et en aval de Rivière-du-Loup.
Au printemps, les oies se dispersent davantage tout au long de l'axe de
l’estuaire et du fleuve Saint-Laurent. Cette tendance s'est amplifiée au cours des dernières années. L'accroissement de la population des Grandes Oies
des neiges et la possibilité pour celles-ci d'utiliser au printemps des ressources alimentaires non disponibles l'automne ( à cause de la pression
de chasse) sont certainement des facteurs qui y ont contribué. Les oies se dispersent du lac Saint-François à l'estuaire du Saint-Laurent. Au sud-ouest
de la ville de Québec, les secteurs les plus fréquentés par les oies sont ceux de Sainte-Barbe au lac Saint-François, de Baieville au lac Saint-Pierre, de
Saint-Augustin près de Québec et tout le long du Richelieu jusqu'au lac Champlain à Philipsburg. Au nord-est, l'ensemble de la rive sud de
Saint-Vallier à la Réserve nationale de faune de la baie de L'Isle-Verte est très fréquenté . Sur la rive nord, la Côte de Beaupré ainsi que la Réserve nationale
de faune du cap Tourmente accueillent aussi des groupes nombreux. On peut aussi observer les oies à la baie de Mille-Vaches et à la Pointe-aux-Outardes, près de Baie-Comeau.
Le voyage annuel de la Grande Oie des neiges
Les besoins des oies par rapport au milieu naturel varient selon les différentes
étapes de leur cycle vital. Leurs migrations les conduisent successivement dans des habitats particuliers répondant chacun à des exigences bien
précises. Cap Tourmente constitue une étape importante de ce périple annuel.
Printemps Les oies séjournent dans nos régions en avril et en mai après avoir franchi
sans escale 900 km depuis la côte est américaine. Elles consacrent beaucoup de temps à se nourrir dans les champs et marécages afin
d'accumuler les réserves de graisse d’où elles puiseront l'énergie nécessaire pour continuer leur voyage vers le nord. L'augmentation du troupeau ne va
pas sans causer des conflits d'utilisation du territoire avec le secteur agricole. Environ 3 000 km les séparent encore de leurs aires de
reproduction. Les oies nous quittent dans la 3e semaine de mai et voyagent en suivant un corridor migratoire relativement bien défini, possiblement avec un court arrêt dans la péninsule de l'Ungava.
Été Fin de mai début juin, les oies atteignent les îles Baffin et Bylot lesquelles
constituent les principales aires de nidification. L'hiver est à peine terminé et les oies ont tout juste quelques semaines pour se reproduire et muer avant le
retour du gel à la fin août. Elles nichent au sol. La ponte a lieu vers la mi-juin et les jeunes (habituellement 3 ou 4) éclosent vers le 10 juillet. Ils ne
disposeront que de 6 à 8 semaines pour atteindre un poids presque 20 fois supérieur à celui de leur naissance. Heureusement, durant l'été arctique,
l'abondante végétation herbacée fournit aux oisons en croissance une nourriture de qualité. Cependant, l'accroissement de la population risque de
créer une situation où la quantité de nourriture ne suffira plus aux besoins des nombreux oisons. Si le printemps est tardif, peu d'oies se reproduisent, ce qui limite la croissance de leur population.
Automne Dès le début de septembre, le gel entrave l'alimentation des oies. Elles
doivent quitter l'Arctique. Les jeunes ont presque atteint la taille des adultes. À nouveau, elles arrêtent dans l'Ungava et la durée de cette escale dépend
des conditions climatiques. Les oies qui n'ont pas couvé arrivent au cap Tourmente les premières, suivies de groupes familiaux. La majorité des oies
s'y retrouvent habituellement vers la mi-octobre et elles se rassemblent beaucoup plus densément qu'au printemps. Les oies occupent surtout le
marais intertidal (zone des marées) du cap Tourmente et de l'île aux Grues. Elles s'y nourrissent des rhizomes du scirpe d'Amérique pour faire des
réserves de graisse qui leur permettront d'entreprendre le voyage vers leurs quartiers d'hiver. Elles séjournent dans nos régions principalement en octobre
et c'est durant cette période qu'a lieu la saison de chasse. Vers la fin d'octobre, le marais intertidal du cap Tourmente est littéralement rasé et avec
l'arrivée du gel, les oies s'apprêtent à partir. Certaines d'entre elles effectuent sans escale un vol de 900 km pour atteindre leurs aires d'hivernage, alors que
d'autres en feront un ou plusieurs - notamment au lac Saint-Pierre ou au lac Champlain. Le vol en formation leur permet d’économiser leur énergie tout en gardant un contact visuel.
Hiver Les territoires utilisés s'étendent sur la côte américaine entre le New Jersey
et la Caroline du Sud. À ces endroits, les oies se nourrissent de plantes marécageuses comme la spartine et de céréales qu'elles trouvent dans les
champs cultivés. Elles se regroupent vers la fin de l'hiver et sont de retour au cap Tourmente en avril.
Coloration des oies
L'oie des neiges est-elle toujours blanche comme la neige ? Durant la première année, les jeunes oies sont de coloration uniformément
grise, à l’exception du bout des ailes qui est noir. Dès la deuxième année, elles sont presque aussi blanches que leurs parents; seules quelques plumes
grises persistent sur le dos, les ailes ou la queue. Le bec et les pattes qui étaient très sombres deviennent roses comme ceux des adultes. Au début de la troisième année, les oies adoptent leur teinte blanche.
Cherchez l'oie bleue Parmi les oies on peut parfois observer des individus gris foncés-bleuâtres; par contre, leur taille, leur forme et la coloration blanche de leur tête sont
identiques à celles des Grandes Oies des neiges typiques. Il ne s'agit pas d'une espèce différente, mais uniquement d'une forme de coloration. Il arrive
que l'on retrouve des individus bleus et d'autres blancs dans une même couvée. Curieusement, les sujets bleus sont plus fréquents chez la Petite que
chez la Grande Oie des neiges. Aussi, l'observation régulière d'oies bleues au cap Tourmente nous suggère qu'un certain nombre de Petites Oies des
neiges se joignent aux Grandes Oies des neiges en migration. Ceci est dû au fait que les deux sous-espèces partagent une partie de leurs aires de reproduction.
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Grandes Oies des neiges: groupes familiaux. Photo :
Léo-Guy de Repentigny
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Grandes Oies des neiges au repos Photo : Martin Deschênes
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Comportement des oies au cap Tourmente
Groupes familiaux Les liens familiaux sont très importants chez la Grande Oie des neiges. En effet, le couple est uni à vie et le mâle participe à l'élevage des jeunes. Ces
derniers suivent leurs parents durant la première année de leur vie.
Alimentation En se nourrissant dans le marais, les oies enfoncent leur tête et leur cou dans la vase. Elles creusent ainsi pour extirper les racines (rhizomes) du
scirpe d'Amérique riches en matières nutritives. Cette vase contient des traces de fer, ce qui a pour effet de donner une teinte roussâtre aux plumes du visage et du cou.
Guet Pendant que plusieurs oies se nourrissent, d'autres assument un rôle de
sentinelles. On les reconnaît à leur attitude attentive : le cou bien droit et prêtes à donner l'alerte au moindre danger.
Quelques statistiques
Longévité : 8 ans en moyenne (20 ans maximum). Vitesse : 60 km/h en migration, 100 km/h maximum.
Poids des adultes : 2,8 kg en moyenne, 4,0 kg maximum. Envergure des ailes : 1,5 m en moyenne. Distance du cap Tourmente aux quartiers d'hiver : 900 km environ.
Distance du cap Tourmente aux aires de reproduction : 2 700 à 3 800 km. Maturité sexuelle : 3 ans.
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Année
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Population de la Grande Oie des neiges inventoriée au printemps le long
du Saint-Laurent
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Succès de reproduction (% de jeunes dans le troupeau à l’automne)
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1993
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417 500
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48
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1994
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596 000
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9
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1995
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612 000
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17
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1996
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669 000
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25
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1997
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657 500
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42
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1998
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835 000
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38
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1999
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803 000
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2
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2000
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814 000
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23
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2001
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837 000
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28
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2002
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639 275
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6
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2003
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678 000
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27
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2004
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957 600*
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18
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2005
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814 600
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21
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2006
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1 017 000
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20
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2007
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1 019 000
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21
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2008
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947 000
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40
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2009
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1 428 000
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À venir
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* Changement dans la méthodologie de l’inventaire printanier en 2004
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