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Méthodes :
les oiseaux

Source des données

Les informations sur l'avifaune associée au fleuve Saint-Laurent proviennent de 10 banques de données obtenues sous format électronique et colligées dans une base de données unifiée. Cette base de données contient les mentions de chaque espèce d'oiseau de même que les coordonnées géographiques de chacune des observations. Au total, 108 824 mentions d'oiseaux associées à la zone d'étude ont été retenues. Ces mentions proviennent en majorité de la banque de données du programme ÉPOQ (Cyr et Larivée, 1995) et de celle de l'Atlas des oiseaux nicheurs du Québec (Gauthier et Aubry, 1995), qui regroupent à elles seules 88 % des mentions.

Source Mentions % Nombre
d'espèces
Période
ÉPOQ
68 294
62,76
370
1936-1996
ATLAS
27 490
25,26
257
1984-1989
AVIFAUNE
4 704
4,32
168
1969-1996
SIDOQ
2 701
2,48
30
1965-1995
MENACE
2 617
2,40
15
>1900-1996
BIOMQ
1 210
1,11
25
>1900-1996
DAVID
1 149
1,06
101
>1900-1996
LIMICOLE
554
0,51
22
1980-1981
HÉRON
64
0,06
1
1938-1996
BIHOREAU
41
0,04
1
1977-1996
TOTAL
108 824
100,00
399


Description des bases de données :

ÉPOQ

La banque de données ÉPOQ (Étude des populations d'oiseaux du Québec) cumule les observations d'oiseaux provenant d'ornithologues dispersés sur l'ensemble du territoire québécois. Les mentions recueillies proviennent des feuillets d'observations quotidiennes que les gens complètent après leurs observations. Le nombre d'individus observés pour chacune des espèces est inscrit sur ces feuillets de même que la date, le site et la durée des observations. Jusqu'à maintenant (1996), près de 100 000 feuillets d'observations ont été complétés, ce qui fait d'ÉPOQ l'un des plus importants programmes de dénombrement d'oiseaux au monde.

Une requête effectuée dans la banque de données globale sur l'ensemble du Québec a permis d'extraire les mentions associées à la zone d'étude. Les données ainsi recueillies couvrent la période de 1936 à 1996. Plus de 77 % de ces mentions ont été recueillies depuis 1980, et plus de 94 %, depuis 1970. Chacune de ces mentions (espèce-localité) est associée aux coordonnées géographiques de la localité inscrite sur le feuillet d'observation.


ATLAS
 

La banque de données ATLAS cumule toutes les observations d'oiseaux effectuées dans le cadre des travaux visant à produire Les oiseaux nicheurs du Québec : Atlas des oiseaux nicheurs du Québec méridional (Gauthier et Aubry, 1995). Les espèces observées et leur statut de nidification ont été notés au cours de la période de 1984 à 1989 dans des parcelles fixes d'environ 100 km². Le centroïde des parcelles de l'Atlas des oiseaux nicheurs a servi à l'adressage des observations dans notre étude, c'est-à-dire que toutes les observations d'une parcelle de l'Atlas sont associées à une seule position géographique.


AVIFAUNE

La banque de données AVIFAUNE a vu le jour dans le cadre d'un projet de modélisation de l'avifaune nicheuse forestière du Québec méridional. Il s'agit d'un projet conjoint entre le Service canadien de la faune et le Réseau de forêts modèles du Canada. Les études intégrées dans cette banque de données sont en majorité associées à des milieux forestiers, quoique certaines aient été effectuées dans des milieux riverains du Saint-Laurent. Les mentions sont associées aux coordonnées géographiques de la localité ou du site d'étude identifié, soit environ 50 sites.


SIDOQ

Les observations enregistrées dans SIDOQ proviennent d'inventaires de la sauvagine effectués par le Service canadien de la faune et le ministère de l'Environnement et de la Faune du Québec durant la période de 1965 à 1995. Les observations sont compilées par zones d'inventaire distribuées le long des rives du Saint-Laurent. Une mention correspond à la présence d'une espèce par zone d'inventaire par saison. Le centroïde de la zone d'inventaire a servi à l'adressage des observations dans notre étude.


MENACE

Les observations qui se rapportent aux espèces menacées dans la banque de données MENACE proviennent de l'Association des groupes d'ornithologues du Québec (AQGO). Les mentions sont associées aux coordonnées géographiques de la localité identifiée dans le fichier numérique de l'AQGO.


BIOMQ

La banque de données BIOMQ, gérée par le Service canadien de la faune, regroupe les observations des oiseaux coloniaux au Québec. Une mention correspond à la présence d'une espèce à un site donné. Les mentions sont associées aux coordonnées géographiques de la colonie identifiée dans le fichier numérique.


DAVID

La banque de données DAVID contient les mentions des espèces inusitées au Québec observées depuis le début du siècle. Il s'agit des observations présentées dans l'annexe A de David (1996), où seules les espèces dont le nombre de mentions québécoises est inférieur à 80 sont présentées. Les mentions sont associées aux coordonnées géographiques de la localité identifiée.


LIMICOLE

Les observations tirées de LIMICOLE proviennent d'inventaires de limicoles et d'autres espèces aquatiques effectués par le Service canadien de la faune le long du Saint-Laurent en 1980 et 1981. Les mentions sont associées aux coordonnées géographiques de la localité identifiée dans les fichiers numériques.


HÉRON

Ces observations sont tirées de la banque de données du Service canadien de la faune sur les colonies de Grand Héron au Québec. Les mentions sont associées aux coordonnées géographiques de la colonie.


BIHOREAU

Ces observations sont extraites de la banque de données du ministère de l'Environnement et de la Faune du Québec sur les colonies de Bihoreau gris (à couronne noire) au Québec. Les mentions sont associées aux coordonnées géographiques de la colonie.

Les renseignements tirés de chacune des banques de données sont limités à la seule présence des espèces dans une localité ou dans une zone donnée, sans tenir compte de l'abondance des espèces. De plus, aucune contrainte temporelle n'a été assujettie à nos analyses, c'est-à-dire que toutes les mentions, peu importe l'année, ont été regroupées. Les mentions ont été réparties par saison d'observation comme le spécifie le programme ÉPOQ (Cyr et Larivée, 1995). Près de la moitié des mentions (49 %) ont été faites en été (juin, juillet), 23 % au printemps (mars à mai), 22 % en automne (août à novembre) et 6 % en hiver (décembre à février).

Les mentions des espèces côtières et pélagiques observées au large des côtes dans le golfe du Saint-Laurent ont été extraites de la banque de données PIROP (Programme intégré de recherches sur les oiseaux pélagiques) (Lock et al., 1997). Ces données ont servi uniquement à produire le portrait de la richesse des espèces pélagiques (29 espèces) et côtières (35 espèces) observées au large des côtes et n'ont donc pas été intégrées aux bilans de la richesse des différents découpages écologiques terrestres. Ces mentions proviennent d'observations effectuées à bord de navires qui sillonnent les eaux du golfe et de l'estuaire tout au long de l'année. Le sexe et le comportement des individus ont été notés au cours de périodes d'observations successives d'une durée de 10 minutes à l'intérieur d'une même croisière. Plus de 22 000 mentions effectuées dans le golfe et l'estuaire ont été retenues, dont plus de la moitié proviennent des années 1969 à 1971. Les dernières mentions retenues ont été effectuées en 1987.


Sélection des espèces

Parmi les 526 espèces (ou taxons) recensées en bordure du fleuve, 399 dont l'identification et le statut de résidence étaient adéquats ont été retenues pour l'analyse, le reste étant rejeté en raison d'une identification incomplète ou d'une origine imprécise.

Type d'espèce Nombre
d'espèces
Description
Retenue
399
Espèce retenue pour l'analyse
Non admise
57
Espèce non admise selon David (1996)
Introduite
24
Espèce introduite
Inconnue
20
Identification imprécise ou hybride
Origine indéterminée
12
Espèce d'origine indéterminée selon David (1996)
Non retenue
10
Espèce observée au Québec, mais hors de la zone d'étude
Disparue
4
Espèce éteinte

Selon Gauthier et Aubry (1995), la nidification de 273 espèces a été confirmée au Québec, dont 213 dans la zone d'étude, en bordure du Saint-Laurent. Toutefois, certains sites où la nidification de quelques espèces a été confirmée durant les travaux de l'Atlas ne sont plus utilisés aujourd'hui. C'est particulièrement le cas d'espèces menacées au Québec, comme le Pluvier siffleur qui a niché sur la Côte-Nord et la Pie-grièche migratrice connue pour nicher à quelques sites dans le sud du Québec mais dont la nidification n'a pas été observée depuis maintenant quelques années. Par ailleurs, certaines espèces dont la nidification n'était pas rapportée dans les parcelles de l'Atlas mais qui a été confirmée depuis ont été ajoutées (par exemple, l'Oie des neiges dans l'estuaire, le Troglodyte de Caroline dans la région de Montréal). À noter que ces ajouts ne sont certainement pas complets.


Descripteurs des espèces

Plusieurs descripteurs écologiques et biogéographiques ont été attribués à chacune des 213 espèces nicheuses fluviales, certains étant par ailleurs disponibles pour l'ensemble des 399 espèces retenues. Le statut de migration au Québec attribué à chaque espèce (nicheur résidant, nicheur migrateur, migrateur, espèce accidentelle) est tiré de David (1996). La taxinomie adoptée est similaire à celle retenue par Gauthier et Aubry (1995). L'information utilisée pour caractériser l'unicité génotypique provient de Sibley et Ahlquist (1990), la distribution mondiale des espèces est tirée de Sibley et Monroe (1990), et la distribution nord-américaine des espèces est adaptée de Pettingill (1970).

Les espèces ont également été associées à différentes guildes écologiques, tels les habitats préférentiels de nidification, d'alimentation, de migration et d'hivernage, le type d'aliment recherché, le type de nid (ouvert, fermé) et la localisation du nid (au sol, élevé, falaise). Ces informations proviennent principalement de DeGraaf et Rudis (1983), Ehrlich et al. (1988) et Gauthier et Aubry (1995).

Les espèces laurentines sont celles dont l'aire de répartition le long du Saint-Laurent correspond à une part importante de leur aire de répartition mondiale ou dont la nidification en sol québécois s'effectue principalement en bordure du fleuve. Pour chaque espèce, le pourcentage de la répartition mondiale présente le long du Saint-Laurent a été évalué, de même que le pourcentage de la répartition québécoise présente le long du fleuve. Les niveaux laurentins suivants ont été arbitrairement assignés aux espèces aviaires :

Niveau 1 Nicheur dont 1 à 10 % de l'aire de nidification mondiale se trouvent dans le système du Saint-Laurent
Niveau 2 Nicheur dont la totalité de l'aire de nidification québécoise se trouve en bordure du Saint-Laurent
Niveau 3 Nicheur dont une forte proportion de l'aire de nidification québécoise se trouve en bordure du Saint-Laurent

Les rangs de priorité québécois (CDPNQ, 1999) et continental (The Nature Conservancy, 1999) ont servi à identifier les espèces à statut précaire. Le rang de priorité québécois S1 est attribué aux espèces avec le statut de précarité le plus élevé, tandis que les espèces abondantes se voient accorder le rang S5. Il en va de même avec le rang de priorité continental (G1 à G5). Les espèces à statut précaire selon Robert (1989), Beaulieu (1992) et CSEMDC (1997) ont également été identifiées dans la base de données. Enfin, les tendances démographiques des espèces proviennent d'un effort conjoint du Service canadien de la faune, du ministère de l'Environnement du Québec (Faune et Parcs) et de l'Association des groupes d'ornithologues du Québec pour statuer sur l'état actuel des populations d'oiseaux en territoire québécois (CDPNQ, 1999).


Analyse des données

Bilan général de la richesse en espèces aviaires

Le bilan de la biodiversité aviaire a été effectué en compilant toutes les mentions de chacune des espèces dans chacun des découpages retenus (parcelles de 100 km², ensembles physiographiques, régions naturelles, provinces naturelles). L'information retenue se résumant à la présence des espèces dans chaque parcelle ou dans chaque découpage, les bilans consistent donc en un calcul de la somme des espèces observées par unité géographique. Ainsi, une espèce observée à plusieurs reprises dans une parcelle ou une autre entité géographique ne contribue pas plus à la biodiversité de cette parcelle ou entité géographique qu'une autre espèce qui n'a été observée qu'à une seule reprise à ces endroits.


Bilan de la richesse des espèces nicheuses

En plus des mentions d'observation des espèces d'oiseaux, la banque de données de l'Atlas des oiseaux nicheurs contient de l'information sur le statut de nidification des espèces dans les parcelles délimitées dans l'Atlas des oiseaux nicheurs. L'adressage de ces parcelles dans nos découpages via le centroïde de la parcelle de l'Atlas des oiseaux nicheurs a permis de dresser le bilan des espèces confirmées nicheuses dans chacun de ces découpages. Il faut toutefois préciser que la position exacte des sites de nidification des espèces n'est pas connue et que, par conséquent, il existe une imprécision inhérente aux données de l'Atlas des oiseaux nicheurs. Ainsi, ne connaissant pas la position exacte du site de nidification des espèces et vu que le centroïde des parcelles de l'Atlas ne correspond pas au centre des parcelles de notre découpage, il est possible qu'une espèce soit considérée nicheuse dans une parcelle de notre découpage mais que la position exacte de son nid soit située dans la parcelle voisine. Cette imprécision ne peut être contournée qu'en ayant une connaissance précise des sites de nidification de chaque espèce dans chacune des parcelles, ce qui est, à toutes fins pratiques, impossible. Cette imprécision s'estompe toutefois lorsque les bilans sont faits pour des niveaux de perception plus larges où une entité géographique renferme plusieurs parcelles de l'Atlas des oiseaux nicheurs. Enfin, étant donné que la zone couverte par les travaux de l'Atlas des oiseaux nicheurs se limitait au Québec méridional, soit sous les 50° 30' de latitude N., l'information sur la nidification des espèces dans les parcelles situées à l'extrême est de la zone d'étude est incomplète, et ces parcelles ont été exclues de certaines analyses.


Régions avifauniques

Comme dans le cas de l'analyse de la richesse en espèces vasculaires des parcelles de 10 km sur 10 km, il a fallu procéder à l'identification des parcelles où l'échantillonnage de l'avifaune en période estivale était adéquat (le lecteur pourra se référer à la section sur les plantes vasculaires dans les Méthodes). Pour ce faire, les parcelles qui remplissaient l'un des deux critères suivants ont été considérées comme complètes :

1. Parcelles où le nombre d'espèces observées (S) correspond à 80 % ou plus de la richesse estimée (Smax) (Colwell et Coddington, 1995). Pour ce critère, seules les données provenant de la banque de données ÉPOQ ont été utilisées, et le feuillet d'observation ÉPOQ constituait l'unité rééchantillonnée dans chacune des parcelles.

2. Parcelles qui hébergent au moins le nombre moyen plus un écart-type des espèces présentes dans chacun des secteurs hydrographiques (délimités en fonction des secteurs de Tardif et DesGranges, 1998) : tronçon fluvial, estuaire, Saguenay, golfe-Sud et golfe-Nord.


Au total, 199 parcelles ont été retenues, dont 11 au moyen du premier critère (Smax), 97 au moyen du deuxième (richesse par secteur) et 91 au moyen des deux critères.

Une analyse de groupement des parcelles de 10 km sur 10 km selon l'association moyenne (UPGMA) a été réalisée à partir d'une matrice de similarité des 199 parcelles dont l'échantillonage a été jugé adéquat. Le coefficient de Jaccard a servi à mesurer la similitude des parcelles dans leur composition en espèces aviaires nichant le long du fleuve (n = 213 espèces) et observées en été dans ces parcelles complétées. Cinq régions avifauniques ont ainsi été identifiées : Basses-Terres, Laurentides-Appalaches, Haute-Côte-Nord–Anticosti, Basse-Côte-Nord et îles de la Madeleine.


Rareté

La rareté des espèces a été évaluée pour chacune des régions avifauniques. Les espèces sont considérées comme rares dans une région avifaunique lorsqu'elles sont observées en été dans moins du quart (25 %) des parcelles riveraines complétées de cette région. Les espèces observées seulement dans des parcelles non complétées appartiennent également à ce groupe. Les espèces communes sont observées dans 25 % à 75 % des parcelles complétées, et les espèces abondantes le sont dans plus de 75 % des parcelles complétées. Des espèces communes dans le tronçon fluvial peuvent donc être rares dans le golfe et vice versa. Par ailleurs, des espèces limitées à une seule région avifaunique n'y sont pas nécessairement rares puisqu'elles peuvent y avoir niché dans plusieurs parcelles comme c'est le cas de quelques espèces menacées qui se reproduisent uniquement aux îles de la Madeleine. Les espèces dont on n'a confirmé la nidification que dans une seule parcelle de la région avifaunique où cette parcelle est située ont été qualifiées d'espèces confinées, tandis que celles dont la nidification n'a été confirmée que dans une seule parcelle le long du Saint-Laurent sont qualifiées d'espèces uniques.

Un indice de priorisation des parcelles basé sur la richesse en espèces nicheuses uniques, confinées et rares a été conçu pour identifier les sites d'intérêt régional quant aux espèces aviaires nicheuses rares et à distribution restreinte le long du Saint-Laurent. Cet indice accorde plus d'importance aux parcelles où les espèces uniques ont niché, puis à celles où des espèces confinées et des espèces rares ont niché.

Indice de
priorisation
= (nombre d'espèces uniques ´ 5) + (nombre d'espèces confinées ´ 3) + (nombre d'espèces rares ´ 1)


Unicité taxinomique

Le degré d'unicité taxinomique des espèces permet d'apprécier la contribution de chacune d'entre elles à la richesse génétique des communautés. Ainsi, un ordre ou une famille peuvent être représentés sur un vaste territoire par une seule espèce, tandis qu'à l'opposé, on peut retrouver des représentants de plusieurs variétés d'une même espèce à l'intérieur d'une région restreinte. Une cote d'unicité taxinomique a été attribuée à chaque espèce d'oiseau en fonction de son niveau taxinomique, soit une cote de 5 quand l'espèce est le représentant exclusif de son ordre dans le système du Saint-Laurent, une cote de 4 lorsqu'elle représente la famille, une cote de 3 pour la sous-famille, 2 pour le genre et 1 pour l'espèce. Les 399 espèces retenues, observées le long du Saint-Laurent, ont été intégrées dans cette analyse.


Indice composé de priorisation des espèces à statut précaire

Un indice composé de priorisation des parcelles de 10 km sur 10 km a été calculé en attribuant 5, 3 et 1 points aux espèces nicheuses qui possèdent un rang de priorité québécois de S1, S2 et S3. Ces espèces requièrent le plus d'attention pour assurer la conservation de la biodiversité. Une comparaison de la somme des points calculée par parcelle avec la somme totale potentielle de 46 (S1 : quatre espèces, S2 : cinq espèces et S3 : 11 espèces) a permis de relativiser l'importance des parcelles pour les espèces prioritaires qu'on y trouve, les parcelles avec un indice élevé étant celles qui hébergent le plus d'espèces prioritaires.

Indice composé = (nombre d'espèces S1 ´ 5) + (nombre d'espèces S2 ´ 3) + (nombre d'espèces S3 ´ 1)

46 (indice maximal possible)


Analyses relationnelles

Les analyses relationnelles qui associent les variables abiotiques et biotiques ont été faites pour les ensembles physiographiques terrestres à partir de la richesse en espèces aviaires nicheuses. Un modèle de régression non linéaire, qui associe l'effort de recherche des oiseaux nicheurs (nombre d'heures selon les données de l'Atlas des oiseaux nicheurs) avec la richesse en espèces confirmées nicheuses dans chacun des ensembles a été choisi pour évaluer cette relation sur le plan mathématique. Le modèle retenu est celui de la courbe de richesse attendue selon l'effort d'échantillonnage présenté par Holdridge et al. (1971) dans Colwell et Coddington (1995).

Nicheurs fluviaux = Smax × nombre d'heures

(b + nombre d'heures)


Ainsi, 68 ensembles physiographiques pour lesquels des données d'effort et de richesse étaient disponibles ont été analysés (les neuf ensembles situés sur la Basse-Côte-Nord au nord du 50° 30' N. étant exclus de la zone d'étude de l'Atlas des oiseaux nicheurs). L'effort de recherche variait d'un ensemble à l'autre, allant de minime à New Richmond et Baie-Johan-Beetz (moins de 10 h) jusqu'à exhaustif à Montréal (2614 h) et Rimouski (1418 h).


Chacun des ensembles étant représenté sur la courbe par un point, l'écart entre la position de chaque ensemble et la valeur prédite par la courbe (le résidu) permet d'évaluer si la richesse en espèces nicheuses observées dans cet ensemble, associée à un effort de recherche donné, est supérieure ou inférieure à celle prédite par le modèle.

Régression non linéaire


Il faut souligner que ce type de relation (effort-richesse) s'applique en général à des sites dont les caractéristiques de paysage sont homogènes et où la constance de chaque espèce est du même ordre de grandeur dans toutes les régions. L'objectif premier de cet exercice étant toutefois d'identifier les contextes paysagers qui favorisent l'avifaune nicheuse, l'analyse doit incorporer tous les ensembles physiographiques distribués le long du fleuve dans une analyse globale afin d'évaluer la contribution des variables le long de gradients qui couvrent de vastes superficies (comme le climat, le domaine bioclimatique). En effet, une analyse régionale aurait masqué l'effet de certaines de ces variables puisqu'aucun gradient n'aurait alors existé pour certaines variables à l'intérieur d'une région donnée (par exemple, tous les ensembles des Basses-Terres appartiennent au même contexte climatique). L'effet de l'application de ce modèle à tous les ensembles de la zone d'étude a été évalué en divisant cette dernière en quatre régions à partir des provinces terrestres définies dans le cadre écologique retenu (Basses-Terres; Laurentides; Appalaches; Golfe qui inclut : Basse-Côte-Nord, île d'Anticosti et îles de la Madeleine), et la relation effort-richesse a été calculée pour chacune des régions. Il en ressort que les résidus calculés régionalement pour chacun des ensembles physiographiques sont similaires à ceux calculés lorsque tous les ensembles sont inclus dans l'analyse globale ( = 0,76), ce qui montre que l'identification des ensembles avec un écart important entre la richesse observée et celle prédite par le modèle donne des résultats similaires, que les résidus soient calculés globalement ou régionalement. De plus, la très grande majorité des 213 espèces nicheuses fluviales a été observée à au moins une reprise en été dans chacune de ces régions (Basses-Terres : 97 % des 213 espèces, Laurentides : 96 %, Appalaches : 96 %, Golfe : 85 %), ce qui indique que la distribution estivale de la presque totalité des espèces nicheuses analysées couvre l'ensemble de la zone d'étude. Par conséquent, malgré que certaines conditions ne soient pas remplies (comme l'homogénéité des milieux), le recours à une analyse globale est justifié parce qu'elle permet l'étude de l'effet des variables, dont le gradient s'exprime à l'échelle du fleuve, sur l'établissement des oiseaux nicheurs.


Certains contextes paysagers peuvent favoriser la nidification d'un plus grand nombre d'espèces, comparativement à d'autres contextes moins favorables. Il est alors possible de comparer la richesse en espèces aviaires d'ensembles qui possèdent des caractéristiques physiques similaires à d'autres groupes d'ensembles qui ont des caractéristiques différentes, et ce, à l'intérieur d'une même typologie. Pour ce faire, nous avons eu recours à des analyses de variance non paramétriques (Kruskal-Wallis) pour comparer les moyennes des résidus de chacun des groupes. Les ensembles avec les caractéristiques favorables aux oiseaux nicheurs peuvent donc être identifiés en faisant abstraction de l'effort de recherche déployé pour confirmer la nidification de ces oiseaux. Dix typologies différentes décrivant les ensembles physiographiques terrestres ont été élaborées selon leurs caractéristiques physiques, géographiques ou biologiques, et chacun des ensembles a été assigné à chacune des typologies.


Conception des typologies

Au total, 92 ensembles physiographiques terrestres couvrent la zone d'étude (bande de 10 km), dont 63 sont directement en contact avec le fleuve. Certaines typologies ne s'appliquent donc pas aux 29 ensembles qui ne touchent pas au fleuve. Les informations utilisées pour élaborer les différentes typologies proviennent principalement des données extraites du découpage écologique retenu et des informations obtenues à partir des images satellites. Certaines typologies sont le résultat d'une analyse de groupement effectuée à partir des variables qui décrivent la typologie en question (par exemple, le climat, le type de terrain), d'autres proviennent de regroupements d'ensembles sans qu'aucune analyse n'ait été effectuée (domaine bioclimatique). Les analyses de groupement ont été réalisées ici par l'association moyenne (UPGMA) des sites basée sur la distance euclidienne calculée sur les données standardisées.


Contextes climatiques : rigueur du climat (tous les ensembles)

Neuf variables climatiques couvrant l'ensemble du territoire à l'étude ont été retenues afin d'évaluer l'effet du climat sur la biodiversité :

1. total annuel moyen des hauteurs de pluie (mm),
2. total annuel moyen des hauteurs de neige (mm),
3. total annuel de degrés-jours de croissance supérieurs à 5 °C,
4. nombre annuel de jours de température minimale inférieure à -20 °C,
5. nombre annuel de jours de température minimale égale ou inférieure à 0 °C,
6. nombre annuel de jours de température maximale supérieure à 30 °C,
7. moyenne annuelle des hauteurs extrêmes de pluie (mm) sur 1 heure,
8. moyenne du maximum des températures quotidiennes de juillet (en °C),
9. moyenne du minimum des températures quotidiennes de juin (en °C).


Les contextes climatiques ont été déterminés à partir de l'information transposée aux parcelles de 10 km sur 10 km. Les variables climatiques étant représentées par des polygones, c'est la valeur moyenne entre les deux extrêmes où la parcelle se situe qui a été calculée. Une analyse de groupement a été effectuée avec les 751 parcelles riveraines de façon à dégager des contextes climatiques représentatifs de l'ensemble du système fluvial. Trois contextes climatiques ont été retenus, et chacun des ensembles physiographiques a été assigné à l'un d'eux. Le contexte climatique « chaud » du sud-ouest québécois présente le climat le moins rigoureux, avec des températures élevées en été, les moins froides en hiver, et les précipitations neigeuses les plus faibles. Le contexte « frais » se situe dans la région de l'estuaire et aux îles de la Madeleine et présente un climat tempéré (frais en été, doux en hiver, précipitations abondantes). Le contexte climatique « froid » s'applique à la Côte-Nord et à la partie nord de la Gaspésie et présente le climat le plus rigoureux (froid et neigeux).


Paysages littoraux :
forme du rivage et type d'estran (ensembles riverains seulement)

Les paysages littoraux tiennent compte des éléments de trait de côte (ETC) qui décrivent la ligne de rivage des ensembles physiographiques à l'échelle de 1:250 000 (voir la section sur les paysages littoraux). Chaque ETC a été associé à un des 20 paysages littoraux, chaque paysage étant décrit par la forme du trait de côte (baie fermée, baie ouverte et rectiligne, barachois, rive découpée, embouchure, lagune, rive sinueuse et indentée), le relief (élevé, faible, falaise, urbain, variable) et le type d'estran (rocheux, sableux, vaseux, sableux-rocheux, sableux-vaseux). Pour chaque ensemble physiographique, nous avons calculé le pourcentage de côte couvert par chacun des paysages littoraux et une analyse de groupement a suivi. Quatre groupes d'ensembles ont été retenus. Les ensembles « rectiligne-falaise » sont dominés par des paysages littoraux généralement rectilignes avec présence de falaises en arrière-plan et un estran rocheux; les ensembles « rectiligne-élevé » sont similaires à ceux du groupe « rectiligne-falaise », sauf que l'arrière-plan est généralement moins abrupt et que des estrans sableux y sont bien représentés. Les ensembles « subsinueux-faible » ont une rive sinueuse avec un relief faible en arrière-plan et un estran vaseux-sableux. Les rives urbanisées font partie de ce groupe. Les ensembles « découpé-élevé-baie » sont très diversifiés, certains montrant un littoral très découpé avec un relief élevé, d'autres formant de grandes baies ouvertes. Les types d'estrans varient également dans les ensembles qui font partie de ce groupe.


Typologie aquatique : milieu aquatique adjacent aux ensembles (ensembles riverains seulement)

En plus de variables extraites de Ghanimé et al. (1990), huit variables utilisées pour caractériser le milieu aquatique ont servi à la description du milieu aquatique adjacent aux ensembles physiographiques terrestres. Les variables employées dans l'analyse de groupement incluent : la salinité minimale, la salinité maximale, la température minimale, la température maximale, l'intensité du marnage, la vitesse moyenne annuelle des vents, l'intensité du courant, la texture des sédiments. Quatre groupes d'ensembles ont ainsi été constitués, soit les ensembles « eau douce », les ensembles « estuaire » à eau saumâtre, les ensembles du golfe « golfe-marnage-fort » avec marnage fort et vents modérés et les ensembles du golfe « golfe-marnage-faible » avec marnage faible et vents forts.


Type de drainage : drainage dominant des grands types écologiques (ensembles riverains seulement)

Les types de drainage qui caractérisent les ensembles physiographiques incluent : saturé, excessif, rapide, bon et imparfait. Ils sont fondés sur la notion des grands types écologiques qui décrit les ensembles physiographiques à l'intérieur du cadre écologique retenu. Le pourcentage de couverture de chacun de ces types de drainage a été calculé dans chaque ensemble, et une analyse de groupement a suivi. Trois groupes d'ensembles ont été retenus : « imparfait », « rapide » et « très bon ».


Type de terrain : terrain dominant des grands types écologiques (ensembles riverains seulement)

Les types de terrain observés dans les ensembles physiographiques incluent : archipel, butte, chenal, colline, coteau, crête, cuestas, dépression, falaise, flèche littorale, fond de vallée, lagune, plaine, plateau, terrasse et vallée. Ils sont fondés sur la notion des grands types écologiques qui décrit les ensembles physiographiques à l'intérieur du cadre écologique retenu. Le calcul du pourcentage de couverture de chacun de ces types de terrain dans chaque ensemble a été suivi par une analyse de groupement. Trois groupes d'ensembles ont été retenus, soit les ensembles « plat », dominés par des paysages de plaine et terrasse au relief doux, les ensembles « ondulé », dominés par des buttes, collines et vallées et les ensembles « montueux-accidenté », dominés par des buttes, dépressions, fonds de vallée, plateaux, crêtes et collines. L'ensemble décrivant les îles de la Madeleine est de type « dunaire » et est dominé par des lagunes, des buttes et des flèches littorales.


Domaine bioclimatique : selon la carte des domaines bioclimatiques (tous les ensembles)

Chaque ensemble physiographique a été assigné à l'une des régions bioclimatiques de Thibault (1985), basées sur les communautés végétales. Les domaines bioclimatiques retenus sont « érablière », « sapinière » et « pessière-toundra ».


NOAA : affectation du sol selon les images NOAA (tous les ensembles)

Les images NOAA (1 pixel = 1 km) prises en 1993 (Cihlar et al., 1997) ont servi à identifier l'affectation du sol dans les ensembles physiographiques. Les images ont été regroupées en neuf classes d'habitats : agricole, mixte, décidus, urbain-brûlis-toundra, conifère ouverte, conifère dense, arbustaie, forêt hétérogène ouverte, eau. Le pourcentage de chacune a été calculé pour chaque ensemble, suivi d'une analyse de groupement. Quatre groupes d'ensembles ont été retenus, soit les ensembles « grandes cultures » dominés par les zones agricoles, les ensembles « agricole-hétérogène » dominés par les zones agricoles mais avec de grandes superficies d'autres types d'habitats, les ensembles « feuillu » dominés par la forêt feuillue et les ensembles « conifère » dominés par les zones de conifères denses et ouvertes, les arbustaies, les landes et les zones de toundra. Les ensembles classés « lande-arbustive » et « eau » sont situés aux îles de la Madeleine et aux îles de Mingan et présentent une végétation dominée par les espèces résineuses.


LANDSAT : affectation du sol selon les images Landsat (tous les ensembles)

Les images LANDSAT (1 pixel = 30 m, rééchantillonné à 125 m; Géomatique SIGISCO, 1996) prises en 1995 ont servi à identifier l'affectation du sol dans les ensembles physiographiques. Les images ont été réparties en 11 classes d'habitats : eau, feuillu, résineux, mixte, pessière, regénération, tourbière, graminées-herbe, coupe récente, feu, agricole-urbain-sol nu. Le pourcentage de chacune a été calculé pour chaque ensemble, suivi d'une analyse de groupement. Quatre groupes d'ensembles ont été retenus, soit les ensembles « agricole-urbain » dominés par des zones agricoles et urbaines, les ensembles « feuillu » dominés par des zones feuillues, les ensembles « mixte » dominés par des zones de forêts mixtes et les ensembles « résineux » dominés par des forêts de conifères. Les ensembles classés « eau-lande » sont situés aux îles de la Madeleine et aux îles de Mingan.


Frag-NOAA et Frag-LAND : fragmentation du paysage selon les images NOAA et LANDSAT (tous les ensembles)

Les images NOAA (1 pixel = 1 km) prises en 1993 (Cihlar et al., 1997) et les images LANDSAT (1 pixel = 30 m, rééchantillonné à 125 m; Géomatique SIGISCO, 1996) prises en 1995 ont servi à déterminer l'arrangement des habitats présents dans les ensembles physiographiques. Les calculs des indices paysagers et de fragmentation ont été effectués avec le logiciel Fragstat (McGarigal et Marks, 1994). Cinq indices ont été retenus parmi tous les indices calculés : le LPI (Largest Patch Index), le PD (Patch Density), le PSCV (Patch Size Coefficient of Variation), le SIDI (Simpson's Diversity Index) et le PRD (Patch Richness Density). Une analyse de groupement a été effectuée avec ces données, et trois groupes d'ensembles ont été retenus pour chacune des images : « peu fragmenté », « moyennement fragmenté » et « très fragmenté ».


Identification des ensembles favorables à l'avifaune nicheuse

Un indice a été élaboré pour identifier les ensembles physiographiques qui favorisent l'avifaune nicheuse, compte tenu de l'appartenance de chaque ensemble aux groupes retenus dans chacune des 10 typologies. La comparaison de la moyenne des résidus entre les différents groupes d'ensembles à l'intérieur d'une même typologie a permis d'identifier les contextes favorables à l'avifaune nicheuse et de leur attribuer des points en fonction de leur rang et de la significativité des différences :

Pointage
Contexte
2
Contexte favorable et différence significative (p < 0,05) dans l'anova
1
Contexte favorable et différence légèrement significative (p < 0,10) dans l'anova
0
Contexte neutre
-1
Contexte moins favorable et différence légèrement significative (p < 0,10) dans l'anova
-2
Contexte moins favorable et différence significative (p < 0,05) dans l'anova


Ainsi, un ensemble physiographique recevra un pointage élevé s'il appartient à un groupe d'ensembles favorables à l'avifaune nicheuse, ce processus étant effectué pour chacune des typologies. Certains ensembles n'appartenant pas aux groupes inclus dans les analyses ont reçu le pointage attribué au groupe auquel l'ensemble est le plus susceptible d'appartenir. C'est le cas des ensembles de la Côte-Nord et des îles de la Madeleine classés « eau » et « lande-arbustive » dans la variable NOAA qui ont reçu la cote attribuée au groupe « conifère » et de ceux classés « eau-lande » dans la variable LANDSAT qui ont reçu la cote attribuée au groupe « résineux ». L'ensemble doté d'un terrain classé « dunaire » a reçu la cote attribuée au groupe avec un terrain « plat ». Enfin, les ensembles de la Basse-Côte-Nord, non couverts par les images satellites LANDSAT, ont reçu la cote attribuée au groupe « résineux » pour la variable LANDSAT et celle attribuée au groupe « moyfrag » pour la variable Frag-LAND.

L'indice se calcule donc comme suit :

Indice =
(contexte climatique × points) + (paysage littoraux × points) + (typologie aquatique × points) + (drainage × points) + (terrain × points) + (domaine bioclimatique × points) + (NOAA × points) + (LANDSAT × points) + (Frag-NOAA × points) + (Frag-LAND × points)


À noter que cet indice ne s'applique qu'aux 63 ensembles directement situés en bordure du fleuve. Par ailleurs, il permet de prédire la qualité d'un ensemble physiographique pour son avifaune nicheuse même en l'absence de données sur la nidification des oiseaux, en autant que les informations sur les différentes typologies soient disponibles. C'est le cas des ensembles de la Basse-Côte-Nord qui n'étaient pas couverts lors des travaux de l'Atlas des oiseaux nicheurs mais dont l'appartenance aux groupes de chacune des typologies est connue.

En général, les superficies disponibles et inventoriées ne diffèrent pas d'un groupe d'ensembles à un autre au sein d'une même typologie, ce qui indique que les écarts observés dans les comparaisons des moyennes des résidus des groupes d'ensembles ne subissent pas l'influence d'une couverture spatiale différente.



Benoît Jobin et Jean-Luc DesGranges





La Voie verteMC, site Web d'Environnement Canada

Mise à jour le: 2002-12-02